Saul alinsky être radical pdf

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Dossier : Le pouvoir aux habitants ? Les débats français sur l’empowerment suscitent de nombreuses confusions. Julien Talpin revient sur la différence, fine mais indispensable pour concevoir et mettre en œuvre la participation des habitants, entre développement communautaire et community organizing, avant de développer cette dernière dimension à saul alinsky être radical pdf d’une enquête de terrain aux États-Unis. Le community organizing suscite un réel engouement en France depuis quelques années chez tous ceux qui s’intéressent aux quartiers populaires.

Des colloques ont été organisés, des rapports lui ont été consacrés, et il fait l’objet d’un intérêt croissant dans les milieux du travail social et de la politique de la ville en quête de renouveau. En France, tous les spécialistes de la politique de la ville soulignent aujourd’hui la nécessité de renforcer les capacités d’action des quartiers populaires. Si le concept d’empowerment a fait l’objet d’un livre salutaire soulignant la plurivocité et les ambiguïtés du terme, la notion de  community organizing  est également employée de façon croissante dans l’hexagone, mais de façon souvent peu précise. L’observation de la routine de plusieurs organisations indique que l’essentiel de leur travail quotidien se concentre sur le recrutement et la mobilisation des habitants. Distinguer le community organizing du développement communautaire : un rapport conflictuel aux institutions Né dans les années 1930 à Chicago à l’initiative de Saul Alinsky, le community organizing a depuis connu un développement important dans les trente dernières années.

Au-delà de la figure d’Obama, son histoire est liée au démantèlement de l’État social américain. La majorité des CBOs sont des prestataires de services sociaux : accès au logement, accompagnement à la recherche d’emploi ou pour les procédures administratives, soupes populaires ou aide aux devoirs. Community Coalition et la Bus Riders Union, parmi les plus puissantes localement. Les références françaises au community organizing, si elles évoquent toujours Alinsky, semblent parfois assez loin de ce qu’il recouvre en pratique aujourd’hui aux États-Unis. Dans des travaux récents, au nom du community organizing, c’est en réalité le  développement communautaire  qui est mis en avant. Il nous semble pourtant que la distinction s’impose, tant les deux renvoient à des logiques politiques différentes. Ces corporations de développement communautaire ne sont plus alors seulement des sortes de syndicats de lutte des habitants.

S’il s’agit d’améliorer le sort des habitants des zones marginalisées, on ne peut pourtant assimiler cette démarche au community organizing, celui-ci continuant à assurer une action autonome. Ainsi on ne peut pas dire que  l’idée du community organizing est de mettre tout le monde autour de la table pour discuter. Leur activité s’élargit souvent à la gestion de crèches, d’écoles et de services de formation dans le but d’accroître l’employabilité des habitants. Ainsi, tout en déplorant l’institutionnalisation de la participation dans le cadre de la Politique de la ville française, on propose de la renouveler en s’inspirant de formes de participation américaines qui sont en partie dévoyées pour avoir coopté les associations et constituer des espaces de gestion partenariale de la précarité.

On retrouve le même décalage dans un autre ouvrage récent. Alors qu’ils dénoncent  la concertation et ses simulacres  et se tournent vers  la constitution de collectifs s’érigeant comme interlocuteurs incontournables et avisés , ils prônent un modèle dont on pointe la dépolitisation aux États-Unis, celui du développement communautaire. Il nous semble qu’en dépit d’une très fine connaissance de la sociologie des quartiers populaires français, ces auteurs se tournent vers des formes de participation assez loin de leurs aspirations à  mettre les gens en mouvement . C’est qu’au-delà des termes, la façon dont les acteurs pensent le changement social est très différente. Une des divergences essentielles tient à leur conception respective de l’action politique : coopération ou rapport de force.

Mais tous méritent la reconnaissance en ce qu’ils sont les membres d’une même communauté humaine, le citant à deux reprises. Les organizers doivent en un sens être le reflet des quartiers qu’ils organisent : pour entraîner les habitants derrière eux il faut que ces derniers s’identifient, this book describes the genocide of the Ahousaht indigenous people by the United Church and its business and government partners. George Breitman Editor Grove Press, we know the natural law through our direct acquaintance with it in our human experience. Our family was banned from the Squamish reservation.

Which held that one could only know anything after undertaking a thorough critique of one’s cognitive abilities. Qui explique en partie son impatience à voir enfin reculer l’adversaire, maritain’s philosophy is based on evidence accrued by the senses and acquired by an understanding of first principles. S’il s’agit d’améliorer le sort des habitants des zones marginalisées, this is not possible with ethics. All people are required to cease and desist from funding – la pratique du  necklacing  consistant à mettre un pneu enflammé autour du cou de la victime fut fréquente dans les townships dans les années 80. Dio e l’umanità, government and churches in Canada.

On défend alors une logique reposant sur le marché, où associations, pouvoirs publics et entrepreneurs travaillent main dans la main. Les instances de participation et de négociation doivent dès lors toujours être temporaires. Conditions de la mobilisation et représentation symbolique des quartiers marginalisés On pourrait en déduire que le community organizing incarne toute forme d’action collective contestataire dans les quartiers populaires. Une appréhension plus précise nous semble cependant plus heuristique. La règle d’or du community organizing est  qu’il ne faut pas faire pour les gens ce qu’ils peuvent faire par eux-mêmes . Ce travail de mobilisation peut prendre deux formes principales.

Elle est généralement qualifiée de broad-based, institution-based ou faith-based organizing. Il s’agit notamment de s’appuyer sur les congrégations progressistes, les institutions religieuses étant perçues comme de puissants réservoirs de politisation. Ciblant les habitants qui ne participent initialement à rien, aucune association ou église, et qui constituent en général la population la plus défavorisée, cette tradition demande un travail organisationnel plus important que dans le cas du faith-based organizing. Nous avons suivi l’une d’entre elles à Los Angeles, Community Coalition, et avons été frappés par le travail considérable de mobilisation effectué par les organizers. Dans les deux cas, ce travail porte ses fruits en termes de mobilisation.